Responsable mais pas coupable
« Le Président,
Monsieur (*),
M. Francis Beck m’a transmis votre courriel, dans lequel vous lui faîtes part de vos interrogations quant à l’absence de signalétique dans les journaux télévisés. Je vous en remercie.
C’est avec attention que j’ai pris connaissance de vos remarques.
Je tenais tout d’abord à vous rappeler que le Conseil supérieur de l'audiovisuel garantit en France l'exercice de la liberté de communication audiovisuelle dans les conditions définies par la loi. Les programmes relèvent de la liberté et de la responsabilité des diffuseurs. Le CSA n’intervient donc jamais ni dans le choix, ni dans le contenu de la programmation des opérateurs. Le Conseil n’est pas un organe de censure mais de régulation : il a pour mission de vérifier que les chaînes de télévision respectent les obligations prévues par la loi et les conventions qu’elles ont signées avec le CSA.
Le Conseil est donc à même de réagir aux éventuelles infractions mais n’est pas habilité à intervenir dans la politique éditoriale des chaînes de télévision et des stations de radio. S’il veille au respect des principes d’honnêteté et de pluralisme des émissions d’information, il estime ne pas devoir s’ingérer dans le travail des journalistes, qui s’inscrit dans le cadre de leur déontologie professionnelle. Il n’est donc pas habilité à imposer des sujets aux rédactions d’information ou de magazines, ni à intervenir sur le choix ou sur le contenu de l’information, qui relèvent tous deux de la liberté éditoriale des journalistes.
Le CSA a effectivement mis en place, depuis 1996, une signalétique jeunesse et donc une classification par les chaînes de l’ensemble de leurs programmes de fictions et documentaires. Le dispositif a été amélioré le 2 juillet 2002 par un nouveau jeu de pictogrammes plus clairs et plus lisibles que le CSA a établi en concertation avec les chaînes hertziennes, et les chaînes du câble et du satellite. Cette nouvelle signalétique permet d’identifier immédiatement l’âge minimum recommandé pour chaque programme de fiction et chaque documentaire. Le Conseil vérifie a-posteriori le bien fondé des choix opérés par les chaînes en matière de signalétique.
Pour les journaux télévisés, le CSA n'a pas souhaité que soient utilisés les signaux -10, -12 ou –16, car il estime qu'ils seraient inefficaces et techniquement difficiles à mettre en œuvre pour des séquences aussi courtes. Les pictogrammes sont particulièrement efficaces lorsqu'ils peuvent être annoncés dans la presse et dans les bandes-annonces : le public peut alors en tenir compte et s'organiser, ce qui ne serait pas le cas pour des séquences de journaux télévisés. Cela dit, il est certain que les journaux télévisés comprennent fréquemment des sujets difficiles et douloureux pour les plus jeunes, qui ne devraient pas y être exposés.
Pour les journaux télévisés, le CSA a donc choisi de privilégier un mode de communication avec le public fondé sur des précautions oratoires des présentateurs destiné à protéger les enfants : toutes les chaînes ont l'obligation de prévenir clairement le public lorsque des images difficilement soutenables ou des témoignages relatifs à des événements dramatiques vont être diffusés, afin que les plus jeunes puissent être éloignés de l'écran.
Le CSA est bien conscient des problèmes que peut poser la diffusion de certaines images. La violence habite l’information : chaque jour apporte son lot de brutalité et d’actualité dramatique dont les journalistes et la télévision ont le devoir de rendre compte. La violence du monde dans lequel nous vivons est bien réelle et ne peut pas être escamotée ni cachée. Les journalistes ont le devoir d’informer le public, l’information joue un rôle social essentiel.
Les journalistes sont cependant tenus de respecter un certain nombre de principes déontologiques tels que le respect de la dignité humaine. Ils ne doivent pas, notamment, s’attarder sur des images traumatisantes, au risque de tomber dans une exploitation complaisante de l’actualité.
C’est ainsi que le CSA a été amené, à plusieurs reprises, à rappeler aux chaînes leurs obligations dans le traitement de l’actualité et en particulier de certains événements sensibles, dans le cadre de conflits par exemple. Le CSA a notamment décidé, le 1er avril 2003, à l’occasion de la guerre en Irak, de réitérer cet appel et d’adresser à l’ensemble des chaînes une lettre leur demandant de veiller à ce que la diffusion de documents difficilement supportables, notamment les images de victimes civiles ou militaires, soit systématiquement assortie d’un avertissement préalable et explicite en direction des téléspectateurs.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Monsieur (*),
M. Francis Beck m’a transmis votre courriel, dans lequel vous lui faîtes part de vos interrogations quant à l’absence de signalétique dans les journaux télévisés. Je vous en remercie.
C’est avec attention que j’ai pris connaissance de vos remarques.
Je tenais tout d’abord à vous rappeler que le Conseil supérieur de l'audiovisuel garantit en France l'exercice de la liberté de communication audiovisuelle dans les conditions définies par la loi. Les programmes relèvent de la liberté et de la responsabilité des diffuseurs. Le CSA n’intervient donc jamais ni dans le choix, ni dans le contenu de la programmation des opérateurs. Le Conseil n’est pas un organe de censure mais de régulation : il a pour mission de vérifier que les chaînes de télévision respectent les obligations prévues par la loi et les conventions qu’elles ont signées avec le CSA.
Le Conseil est donc à même de réagir aux éventuelles infractions mais n’est pas habilité à intervenir dans la politique éditoriale des chaînes de télévision et des stations de radio. S’il veille au respect des principes d’honnêteté et de pluralisme des émissions d’information, il estime ne pas devoir s’ingérer dans le travail des journalistes, qui s’inscrit dans le cadre de leur déontologie professionnelle. Il n’est donc pas habilité à imposer des sujets aux rédactions d’information ou de magazines, ni à intervenir sur le choix ou sur le contenu de l’information, qui relèvent tous deux de la liberté éditoriale des journalistes.
Le CSA a effectivement mis en place, depuis 1996, une signalétique jeunesse et donc une classification par les chaînes de l’ensemble de leurs programmes de fictions et documentaires. Le dispositif a été amélioré le 2 juillet 2002 par un nouveau jeu de pictogrammes plus clairs et plus lisibles que le CSA a établi en concertation avec les chaînes hertziennes, et les chaînes du câble et du satellite. Cette nouvelle signalétique permet d’identifier immédiatement l’âge minimum recommandé pour chaque programme de fiction et chaque documentaire. Le Conseil vérifie a-posteriori le bien fondé des choix opérés par les chaînes en matière de signalétique.
Pour les journaux télévisés, le CSA n'a pas souhaité que soient utilisés les signaux -10, -12 ou –16, car il estime qu'ils seraient inefficaces et techniquement difficiles à mettre en œuvre pour des séquences aussi courtes. Les pictogrammes sont particulièrement efficaces lorsqu'ils peuvent être annoncés dans la presse et dans les bandes-annonces : le public peut alors en tenir compte et s'organiser, ce qui ne serait pas le cas pour des séquences de journaux télévisés. Cela dit, il est certain que les journaux télévisés comprennent fréquemment des sujets difficiles et douloureux pour les plus jeunes, qui ne devraient pas y être exposés.
Pour les journaux télévisés, le CSA a donc choisi de privilégier un mode de communication avec le public fondé sur des précautions oratoires des présentateurs destiné à protéger les enfants : toutes les chaînes ont l'obligation de prévenir clairement le public lorsque des images difficilement soutenables ou des témoignages relatifs à des événements dramatiques vont être diffusés, afin que les plus jeunes puissent être éloignés de l'écran.
Le CSA est bien conscient des problèmes que peut poser la diffusion de certaines images. La violence habite l’information : chaque jour apporte son lot de brutalité et d’actualité dramatique dont les journalistes et la télévision ont le devoir de rendre compte. La violence du monde dans lequel nous vivons est bien réelle et ne peut pas être escamotée ni cachée. Les journalistes ont le devoir d’informer le public, l’information joue un rôle social essentiel.
Les journalistes sont cependant tenus de respecter un certain nombre de principes déontologiques tels que le respect de la dignité humaine. Ils ne doivent pas, notamment, s’attarder sur des images traumatisantes, au risque de tomber dans une exploitation complaisante de l’actualité.
C’est ainsi que le CSA a été amené, à plusieurs reprises, à rappeler aux chaînes leurs obligations dans le traitement de l’actualité et en particulier de certains événements sensibles, dans le cadre de conflits par exemple. Le CSA a notamment décidé, le 1er avril 2003, à l’occasion de la guerre en Irak, de réitérer cet appel et d’adresser à l’ensemble des chaînes une lettre leur demandant de veiller à ce que la diffusion de documents difficilement supportables, notamment les images de victimes civiles ou militaires, soit systématiquement assortie d’un avertissement préalable et explicite en direction des téléspectateurs.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Dominique Baudis.
»
![Appel en faveur d'une signalétique jeunesse dans les journaux télévisés [ source image : www.l-che.net - copyLeft ] (freezine)](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/signaletique2.jpg)
(*) merci au Birman pour ses infos
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le billet à l'origine de cet échange, "Haïkualité" :
Appel en faveur d'une signalétique jeunesse durant les journaux télévisés
la relance du Birman au CSA
Retour sur l'haïkualité
a contrario
Coupable mais pas responsable
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