Mine de rien
Elle est là, au bout du long couloir.
Elle attend devant la porte d'ascenseur.
S'il arrive tout de suite, elle le prendra peut-être.
Encore éloignée, elle ne nous aura peut-être pas reconnus.
La vision n'est pas une qualité du grand âge.
Je lui tourne le dos et me force à trouver une question à poser à mon fils qui ne regarde pas aussi loin -l'instant présent suffit à capter son attention.
- Qu'est ce que tu as appris aujourd'hui, à l'école ?
Pas de réponse.
Je reprends mes pas. L'ascenseur n'est manifestement pas arrivé : nous le prendrons fatalement avec la voisine du dessus.
Je ne montre rien de mon agitation à mon fils. En sa compagnie, quand il y a danger, d'instinct, je fais mine de rien. D'une pierre, deux coups : ça nous rassure tous les deux (moi en tout cas).
Contact : nous voici pénétrant dans la zone de civilités.
Mon fils est le seul à ne pas regarder dans les yeux. Il est également le seul à ne pas ouvrir la bouche. C'est mauvais signe.
Elle insiste et cherche à plaquer ses doigts sur sa chevelure. Il esquive et elle manque de tomber.
L'ascenseur est là.
Nous y entrons tous les trois, il est étroit.
Je m'affaire du côté des boutons d'étages.
Je reste dans ma position de dos, le môme dans les jambes.
J'entends :
- Tu as écrit au Père Noël ? Tu as été sage ?
J'écoute ensuite le silence. Puis :
- Mais oui tu as été sage... sauf le matin quand tu pleures pour te lever
Le gamin ne pipe mot.
Il semble toujours cogiter...
Miracle : nous arrivons !
Précipitamment dehors, je respire.
Il y a encore des vieux qui vous replongent dans la sèche autorité d'antan
(qui m'y replongent moi en tout cas).
- Papa ?
J'ouvre la porte tandis qu'il poursuit :
- aujourd'hui, à l'école, on a parlé des Droits de l'Enfant.
A l'entendre, mon instinct paternel protecteur est objectivement au point.
![Mondo Babonzo, le musée des créatures imaginaires", une expo en faveur de l'Amref [source : La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/lavoisine.jpg)
Elle attend devant la porte d'ascenseur.
S'il arrive tout de suite, elle le prendra peut-être.
Encore éloignée, elle ne nous aura peut-être pas reconnus.
La vision n'est pas une qualité du grand âge.
Je lui tourne le dos et me force à trouver une question à poser à mon fils qui ne regarde pas aussi loin -l'instant présent suffit à capter son attention.
- Qu'est ce que tu as appris aujourd'hui, à l'école ?
Pas de réponse.
Je reprends mes pas. L'ascenseur n'est manifestement pas arrivé : nous le prendrons fatalement avec la voisine du dessus.
Je ne montre rien de mon agitation à mon fils. En sa compagnie, quand il y a danger, d'instinct, je fais mine de rien. D'une pierre, deux coups : ça nous rassure tous les deux (moi en tout cas).
Contact : nous voici pénétrant dans la zone de civilités.
Mon fils est le seul à ne pas regarder dans les yeux. Il est également le seul à ne pas ouvrir la bouche. C'est mauvais signe.
Elle insiste et cherche à plaquer ses doigts sur sa chevelure. Il esquive et elle manque de tomber.
L'ascenseur est là.
Nous y entrons tous les trois, il est étroit.
Je m'affaire du côté des boutons d'étages.
Je reste dans ma position de dos, le môme dans les jambes.
J'entends :
- Tu as écrit au Père Noël ? Tu as été sage ?
J'écoute ensuite le silence. Puis :
- Mais oui tu as été sage... sauf le matin quand tu pleures pour te lever
Le gamin ne pipe mot.
Il semble toujours cogiter...
Miracle : nous arrivons !
Précipitamment dehors, je respire.
Il y a encore des vieux qui vous replongent dans la sèche autorité d'antan
(qui m'y replongent moi en tout cas).
- Papa ?
J'ouvre la porte tandis qu'il poursuit :
- aujourd'hui, à l'école, on a parlé des Droits de l'Enfant.
A l'entendre, mon instinct paternel protecteur est objectivement au point.
![Mondo Babonzo, le musée des créatures imaginaires", une expo en faveur de l'Amref [source : La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/lavoisine.jpg)
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