La vie sans toi
Le réveil est toujours réglé à la même heure.
Je me lève, je me douche et puis je m'habille pendant que coule le café.
Je déjeune dans le silence, on n'entend que ma bouche.
Je sors à la demie pour prendre le train qui est souvent en retard, ça ne s'arrange pas.
Au travail, sans plus d'inquiétude mais sans plus d'ambition non plus, je m'applique.
Je mange désormais avec les collègues, toujours les mêmes -tu ne les connais pas.
L'après-midi, parfois, je résiste pour ne pas m'endormir.
En rentrant, je flâne, je fais les boutiques. Je ne trouve jamais rien.
Le soir, la radio parle pour tous ceux que je ne vois plus. Que leur dirais-je ?
Je peine à ne pas préparer systématiquement la même chose à dîner.
Je n'ai pas racheté de télé. A la place, je vais sur le net : j'ai mes sites, je les visite selon un parcours quasiment rituel. Je me dis parfois que je fais ça comme d'autres promènent leur chien.
Je me couche parce que je suis fatiguée mais je ne m'endors plus dans l'instant
comme quand tu étais là.