Ecrire au PS
« Il y a quelques jours, je suis allé sur le site du PS et j'ai écrit un mail. J'en avais un peu ras la casquette de voir tous les éléphants du parti se bouffer le nez pour essayer de se positionner pour les prochaines élections présidentielles. Quand les hommes politiques accepteront-ils que la politique n'est pas une rampe de lancement pour leurs destins personnels ? Je précise que je ne suis membre d'aucun parti, je ne suis donc pas PS, mais il m'est arrivé de voter PS. Je leur ai écrit les quelques lignes suivantes :
Bonjour
Vous n'êtes vraiment pas très malins, à faire le jeu de la droite en vous tirant dans les pattes comme des jeunes coqs prétentieux. Cette idée de scission est excellente pour la carrière de Sarkozy. C'est à croire que vous le faites exprès. En 2007, Sarkozy ne sera pas simple à battre, même avec une gauche soudée autour d'un projet crédible. Mais avec un PS laminé par les intérêts personnels de quelques carriéristes auquel le parti sert de marchepied, Sarkozy n'a aucun souci à se faire. Vous êtes les seuls et vrais perdants du référendum et vous poussez la carriole dans le sens de la descente. Moi, la scission, je la fais dès aujourd'hui. Je ne voterai plus pour les représentants de votre parti que dès lors que vous aurez retrouvé un peu de dignité et le sens des priorités. Mon indignation est à la mesure de l'espoir que je plaçais en vous.
Un chouïa polémiste, un brin excité, mais bon... le fond de ma pensée est là. Là-dessus, je pars en week end. Aujourd'hui, la réponse du PS est arrivée. Limpide comme un verre d'eau en plein visage :
Bonjour,
Nous avons bien reçu votre message et vous en remercions.
La situation économique, sociale et financière s'est encore aggravée depuis trois mois.
Plus des 4/5ème des embauches s'effectuent à titre précaire. Le chômage reste au-dessus de la barre des 10 % de la population active, en dépit des radiations massives des listes de l'ANPE. Les déficits budgétaires et sociaux se creusent. La croissance est en panne, faute de pouvoir d'achat et de confiance.
La première exigence consiste à combattre une politique gouvernementale, encore plus dangereuse que celle de JP Raffarin, pour les salariés et les plus démunis.
La deuxième implique le rassemblement et l'unité du parti socialiste, au-delà des différences d'ailleurs légitimes dans un parti politique.
La troisième exigence suppose de préparer l'avenir, et donc une alternative à la droite. Ce sera l'objet de notre congrès de novembre prochain. 300 contributions thématiques, 17 contributions générales et un diagnostic de la société française représentent le socle de cette réflexion.
Aux militants du PS de choisir démocratiquement les orientations qu'ils souhaitent proposer au pays, pour une alternance réussie en 2007. Face à une droite qui a échoué dans tous les domaines, il faut un vrai changement.
Bien cordialement,
L'administrateur e-courrier
Fortiche, hein ? En somme, je leur reprochais de se livrer, sous prétexte de divergences d'orientation, à une guéguerre de personnes dans une cacophonie puérile, et, par retour de courrier, ils m'informent qu'il est normal qu'il y ait des divergences au sein d'un parti. Et ils attendent de moi que je trouve ça formidable. Là où ça devient vraiment drôle, c'est que je leur ai immédiatement écrit un nouveau mail pour leur expliquer que leur réponse ne me satisfaisait pas. Et je viens de recevoir leur nouvelle réponse. C'est le même mail que celui que je viens de citer. Gasp... Je suis traducteur de métier, donc bien placé pour savoir qu'une traduction libre n'est pas forcément fausse. En l'occurrence, la réponse du PS, je la traduirais de la manière suivante : Salut bonhomme Pour le cas où tu n'aurais toujours pas capté, sache que nous sommes le parti qu'il te faut. Dis-toi bien que si tu ne comprends pas tout ce que nous faisons, c'est pas grave. L'important, c'est que tu comprennes que tout ce que nous faisons est marqué du sceau du génie, contrairement à nos adversaires qui sont de parfaits crétins.
A part ça, tes états d'âme, on s'en bat les noeuds de cravate. Par contre, ce serait sympa si tu pouvais continuer à voter pour nous. D'avance merci et ciao bonsoir...»
Post du 29 août extrait du blog de Stéphane, Chambre avec vue