Duaux duels
Le gecko rejoint soudainement le haut du mur de la terrasse. Un moustique esquive miraculeusement son attaque puis ère au hasard des pièces grand ouvertes de la villa. Attiré par une lumière au fond d'un couloir, il pénètre dans une chambre où secrètement un homme et une femme se sont isolés. Ils sont enlacés dans le silence de leur clandestinité. C'est la première fois que leurs ventres se touchent. Ils sont très intimidés. C'est elle qui a osé l'attirer ici. Elle voulait lui dire. Il l'espérait sans le savoir. Ils ne suent pas. Mystère amoureux, leur peau aux aguets reste sèche malgré la touffeur de l'été. Elle vient même de frissonner. Derrière leurs paupières refermées, ils imaginent la même chose, ils s'imaginent s'enlaçant. Tels qu'ils le sont. Ils n'osent se voir tant ils n'osent y croire. Elle a la peau tellement douce, il ne s'y attendait pas. Il ne s'y attendait plus. Il la serre précieusement, elle savoure. Elle attendait cela depuis longtemps. Elle l'avait dans la peau depuis l'arrivée en vacances. Tandis qu'il ne la voyait pas, elle l'avait minutieusement mangé des yeux. Jusqu'à s'en droguer. Il l'avait suivie dans la chambre sans résistance. Il n'avait rien vu. Quand elle l'avait enserré, ses gestes lui apprirent son état. C'était tout réfléchi, c'était évident. Ils se hument. Ils se sourient, volontairement aveugles. Ils ne s'en lassent pas. Mais leurs vies ? Qui sait... Qui s'en soucie... Elle se détache brusquement : le moustique l'a piquée. Lui vient de dîner tandis que le gecko désespère, bredouille, sur les murs de la terrasse, très loin de là.