Les pauvres ne font pas exprès d'être pauvres

Publié le par LChe


Vous allez acheter un livre.

Et vous ne le ferez surtout pas en ligne.
Vous sortirez de chez vous -ou du travail, un matin férié -ou un soir harassé, et vous vous dirigerez vers votre libraire.

Si votre libraire n'est pas une enseigne mais une personne, c'est mieux.

Vous en saurez suffisamment sur l'ouvrage recherché (tout ou partie de son titre, éditeur, récence de sa publication, etcaetera) et votre libraire ne manquera pas de vous indiquer le présentoir qui l'accueille.

Notez le rayon dans lequel il a été disposé.
S'il est présent nulle part, ne dîtes plus jamais qu'il s'agit de votre libraire.

Passez à la caisse et payez en liquide. Pour changer.
Remarquez le sourire voire la complicité de la personne qui encaisse.
Votre libraire pourrait bien être également ce quelqu'un.

Au sortir de ce bel endroit qui tient ses promesses, laissez-vous vous offrir une boisson dans un bistro. Tout en soupesant le livre acquis, observez autour de vous ceux qui travaillent. Et ceux qui ne travaillent pas.

Dans la rue, sur le retour, continuez : cherchez ceux qui travaillent.
Et ceux qui ne travaillent pas.


Les pauvres ne font pas exprès d'être pauvres.
Curieuse assertion ?


Bonne lecture.


7 millions de travailleurs pauvres : la face cachée des temps modernes
de Jacques COTTA
Ed. Librairie Arthème Fayard - VIII-2006. 302 pages - 19 € - ISBN : 35-2759-5

Plus de 7 millions de salariés perçoivent un salaire inférieur à 722 euros par mois et se trouvent dans l'incapacité de se nourrir, de se loger ou de s'habiller décemment, de même que leur famille.

Plus de 12 millions ont moins de 843 euros de revenu mensuel. Plus de 3 sans domicile fixe sur 10 ont un boulot à temps complet, partiel ou précaire, gagnent souvent entre 900 et 1300 euros, et cherchent pourtant soir après soir où dormir... Entre la moitié et les deux tiers des femmes qui travaillent ont un contrat au sigle étrange - CES, CIE, CEC... -, touchent moins de 750 euros par mois, ont un enfant, vivent seules ou avec un conjoint au chômage et forment 90 % des familles monoparentales...

Nous voilà dans le monde des travailleurs pauvres !

Alors que jamais le pays n'a été aussi riche - le PIB est en progression constante depuis les années 1990 -, la précarité s'est développée sur un mode exponentiel. En dix ans, l'intérim a augmenté de 130 %, le nombre de CDD de 60 %, les CDI de seulement 2 %. Plus d'un million de personnes bénéficient du RMI, plus de 500000 de l'allocation solidarité.

Cela n'arrive qu'aux autres ? Erreur ! Tout le monde peut être concerné du jour au lendemain après un drame personnel, un événement familial, un licenciement... Au cours de cette enquête, dans la lignée du Peuple d'en bas de Jack London ou de Dans la dèche à Paris et à Londres de George Orwell, Jacques Cotta a rencontré des personnes qui le savent bien : André, ancien prof surdiplômé, Éric, assureur autodidacte, Jean-François, boucher charcutier, Yves, coiffeur dans la marine reconverti sur la terre ferme, Étienne, informaticien recyclé dans le gardiennage, Roland, manutentionnaire, Jean, jardinier... Autant de travailleurs dont on n'aurait jamais soupçonné, au premier abord, qu'ils pouvaient être touchés par cette nouvelle pauvreté. Ils avaient une famille, une maison, pignon sur rue, et ils ont tout perdu.

Le sujet dérange. Hommes politiques et médias n'en parlent que rarement. Tout au plus comptabilise-t-on, en hiver, les morts de froid, en les présentant comme des "SDF", sans autre précision. Puis l'information est reléguée au second plan.

Le thème sera sans doute au coeur des débats dans la perspective des élections de 2007. L'occasion, donc, de poser quelques questions à ceux qui nous gouvernent ou qui en ont l'ambition...


Journaliste, Jacques Cotta a collaboré à Radio France, à divers supports de presse écrite ainsi qu’à plusieurs émissions de télévision (Droit de réponse, Envoyé spécial...). Réalisateur de nombreux films d’investigation, dont Front national : la nébuleuse, récompensé par un 7 d’Or, il est actuellement en charge de la série de documentaires Dans le secret de... sur France 2.

(source)



lire aussi
Précarité business
publié précédemment
sur le B.à.R.


Séquestration de salariés chez Leclerc

un article de L'Humanité en date du 2 octobre,
relayé par Actuchômage
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Publié dans Le monde dû travaille

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C
Sur une population active de quoi ? 27 millions. Ce n'est pas négligeable.Mais ce genre de publication me dérange toujours un peu dans la mesure où l'auteur va faire du fric sur leur malheur et où cela contribue certainement davantage à effrayer ceux qui sont encore épargnés qu'à pousser hommes d'état et législateurs à s'en occuper avec diligence et efficacité.Un individu effrayé est un individu immobile, un troupeau effrayé s'emballe !
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L
Pour pertinent que soit votre message, je n'en conclus pas moins que vous devez êtes plusieurs derrière l'écran pour franchir le pas qui sépare la lecture du commentaire (vous vous emballez, en somme ;-)
P
ce livre a lair pas mal effectivement...lagffaire des salariés est parfaitement honteise et scandaleuse !
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