9/11, quelle histoire ?

Publié le par LChe


Nine eleven, quelle histoire.


D'abord, chacun la sienne.

Pour moi, c'était à Rome. Une journée de travail rendu dérisoire, hypnotisé par un écran blanc : collegamento impossibile. Sporadiquement, seule CNN hoquetait quelques brèves, laissant libre cours à la perspective d'une Troisième Guerre mondiale dont le commencement avait l'horrible intensité de la fin de la Seconde. Sur le quai d'un retour inquiet à la maison, ce commentaire d'un inconnu : « ils l'ont bien cherché ».


Puis les images. Le choc d'un scénario que les pires films catastrophe n'avaient jusqu'alors jamais osé produire : trop exagérément tragique et insuffisamment moral pour que l'Amérique, maître du genre, en assure le succès.


La politique ensuite. La sécurité et le retour à l'ordre, la lutte contre le terrorisme dont la menace devint soudain la seule réalité médiatique. Une guerre, des guerres. Un axe du mal. Le tabou de s'étonner que les Etats-Unis d'Amérique soient à la fois victimes et innocentes.


L'Histoire à présent. Des documentaires, des livres, des études. La controverse aussi : badine ou intrigante.


En fin, une conclusion pour l'avenir : méfions-nous.


9/11, quelle histoire ?
(source : une pub sans le slogan)
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Publié dans Fil au-delà

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E
Non ni un jour sans ordre et sans raison.  Plutôt un jour où un ordre fou fait perdre la raison, aliène et tue.<br /> Georges Bush et une Amérique dans le déni de ses crimes, c'est aussi la folie de l'ordre. Ben Laden en est un autre. Et que dire de tous ces militaires aux pensées confuses, entrés dans un système où il faut tuer. Une fois la paix revenue, quelle vie possible pour eux. Comment aimer son chien et son voisin. Ben oui, l'ordre politique aussi ça rend fou parfois.
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E
Ce jour-là, j'étais au travail. Seule à mon bureau, dans les yvelines. J'avais en face de moi deux horloges. Une à l'heure française, l'autre à l'heure de New York.<br /> Il y a eu un incendie dans le quartier. Les pompiers sont venus.<br /> Un voisin de la société m'a fait une déclaration d'amour au téléphone. Il faisait beau.<br /> J'ai appris la nouvelle par ma supérieure, née le même jour que moi, qui elle-même l'avait appris par son mari américain, vivant aux Etats-Unis.
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L
Pour toi, un jour sans ordre et sans raison ?
I
J'étais prof à l'époque. Dans le couloir, la femme de ménage appuyée sur son balai, en tablier bleu pastel, nous dit "des terroristes ont envoyé deux avions sur les tours du world trade center à New York. C'était à la télévision." Les élèves étaient en cours, tout était calme. C'était ... hallucinant. Et ma première pensée a été "et Chuck Norris tenait le premier rôle ?" : je ne pouvais pas y croire. Le soir, j'ai tout de suite allumé la télévision,et ai regardé les images. En boucle. Scotchée.Pendant plusieurs mois après, je ne suis plus jamais passée par Chatelet pour faire mon changement de RER.
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L
En effet, le calme.Le même que celui qui précède le déchaînement des tempêtes.
T
victimes et innocentes, c'est exactement ça.
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L
... c'est exactement ça qui est terrible à mettre en perspective avec la politique (que la raison ignore).
S
J'étais à la Chambre, à jouer aux échecs avec les amis d'alors. Un copain est arrivé et a dit... "Il y a des terroristes qui ont balancé des avions sur les tours du WTC. Elles sont effondrées. C'est la panique à New York". Les joueurs d''échecs possédent une force d''inertie hors du commun : on a continué à jouer. Quelques heures plus tard, vers 18 heures, je suis rentré chez moi et j'ai mis la télévision en route. Ce sont des images très traumatisantes. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à réaliser que ça a vraiment eu lieu.  Je me souviens que je me suis dit que le monde allait entrer dans une autre époque.Depuis ma cuisine, j'aperçois les avions en approche de l'aéroport de Strasbourg. Et invariablement, je joue avec l'idée saugrenue qu'il y a bien un, un jour, qui pourrait se jeter sur la cathédrale.
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L
... c'est comme si on y était. L'idée de raconter sa version du 11/9 me semble plus universelle que ce qui est véhiculé  par les formats qui sont diffusés classiquement. A contre-courant et dans cette optique, Arte diffusait ce lundi onze court-métrages évoquant onze perceptions mondiales de cette tragédie.