Bien mal acquis ne profite jamais longtemps

Publié le par LChe


"Plusieurs vols d'importance inhabituelle ont été dénommés casse du siècle. L'expression est aussi régulièrement utilisée par des opposants à une politique économique d'un État ou d'une grande entreprise"


Albert Spaggiari, cerveau du casse du siècle à Nice en juillet 1976Le 18 juillet 1976, on découvre qu'un gang a pénétré dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice en passant par les égoûts et s'est emparé d'un butin estimé à 50 millions de francs, ou 5 milliards d' "ancien francs", soit un peu plus de 7,5 millions d’euros (26 millions d’euros en euros courants).

La police arrête un certain Albert Spaggiari, un photographe alors inconnu des services de police, qui s'avère être le cerveau du groupe d'une douzaine hommes. Spaggiari parvient à s'échapper du palais de justice et disparait en Amérique du Sud, puis revient plus tard en France pour mourir à Belluno en Italie d'un cancer de la gorge en 1989.

Le butin ne sera jamais retrouvé.

source : wikipédia


Bien mal acquis...


Albert Spaggiari durant sa cavale médiatisée
Société Générale de Nice, 20 juillet 1976. L'annonce du casse du siècle est à la Une de tous les médias. Le fric-frac a été découvert la veille par Charles Battistelli, employé à la Société Générale, le premier à être entré dans la salle des coffres. Dans cette salle, un vrai capharnaüm : photos intimes affichées, sol jonché d'objets divers, de bijoux de pacotille, ceux qui n'ont pas intéressé les voleurs. Les casseurs ont signé leur coup d'un mot collé sur une armoire : ni armes, ni violence et sans haine.

Les policiers refont à l'envers le parcours des voleurs. Ils passent par un tunnel de 8 mètres creusé dans la roche, puis les égouts de Nice, puis la rivière souterraine du Paillon. Tout au long, le sol est jonché de matériel. Peu d'indices, mais une seule certitude, la logistique est sans précédent. Le casse a été fait par une grosse équipe, des bandits expérimentés.

Une rafle est lancée dans le milieu marseillais. Certains voyous donnent un nom, celui d'Albert Spaggiari.
Spaggiari, le petit photographe niçois, commence par nier.  Il veut négocier ses aveux, il a des amitiés haut placées, il ne parlera que devant un grand personnage du ministère de l'intérieur. Maître Jacques Peyrat son avocat, actuel maire de Nice, assiste aux aveux de Spaggiari devant Honoré Gévaudan, l'un des plus importants flics de France.

Des mois de préparation, des semaines de travaux en sous-sol ; dans les égouts, les casseurs ont fini par apprivoiser les rats.

Fanfaron, hâbleur, provocateur, Spaggiari devient pour l'opinion publique une sorte de mythe, mandrin qui vole les riches sans haine, ni violence et sans armes.

Et pourtant l'homme est plus complexe qu'il n'y paraît. Le casse, il le revendique au nom d'une organisation chargée d'aider les fascistes du monde entier.
Ancien d'Indochine, il a été membre de l'OAS et a même voulu assassiner de Gaulle. Depuis il continue à militer dans les mouvements nationalistes.

Paris-Match n° 1507 daté du 14 avril 1978Après son arrestation, Spaggiari ne reste pas longtemps en prison. Le 10 mars 1977, il s'évade par la fenêtre du bureau du juge d'instruction. Une évasion très facile, trop facile selon certains.

A-t-il bénéficié d'aide de ses amis politiques, notamment d'anciens OAS proches du maire de Nice Jacques Médecin ? La polémique lancée par la presse de gauche permet la mise en ballottage du maire lors des municipales de 1977. Le juge d'instruction Richard Bouazis et Maître Jacques Peyrat, se souviendront toujours de cette évasion et de ses conséquences.

Spaggiari en cavale devient le premier "bandit médiatique". Il donne régulièrement de ses nouvelles à la presse, écrit des livres. Il fraie aussi en Amérique du sud avec la fine fleur du fascisme international.

Lassé de la cavale, ruiné, malade d'un cancer de la gorge, Spaggiari tente de négocier sa reddition. Mais il meurt en 1989, à 57 ans, en exil en Italie, après douze années passées à se grimer et à fuir. Sa compagne ramène elle-même le corps de Spaggiari en France. Il est enterré à Hyères, dans le Var. Devant les caméras de télévision, il avait pourtant demandé à être incinéré...

source : France2


Bien mal acquis ne profite jamais ?


Jacques Peyrat tel que présenté par senat.fr
Né à Belfort en 1931, Jacques PEYRAT est issu d’une famille de militaires. En 1946, la famille PEYRAT s’installe à Nice, où Jacques poursuit ses études de droit et de lettres. En 1953, il s’engage dans un bataillon parachutiste de la Légion Etrangère.
A son retour à la vie civile, il intègre le monde socio-professionnel. Son dévouement à la présidence de groupements parachutistes et aéronautiques lui vaut la médaille d’argent de la jeunesse et des sports.
En 1962, il débute une carrière politique qui le conduira, à assumer les charges de député, conseiller général et conseiller municipal. Parallèlement, il s’engage dans le métier d’avocat, avec spécialisation en droit pénal.
En 1995, Jacques PEYRAT est élu Maire de Nice, et réélu en 2001.
En 1996, Jacques PEYRAT dans le respect de ses propres valeurs a adhéré au RPR. Aujourd’hui, il est membre de l’UMP.
Le Collège des Grands Electeurs le désigne Sénateur en septembre 1998.
En 2002, il est élu Président de la Communauté d’Agglomération Nice Côte d’Azur.

source : ville de Nice


Curieuse rencontre : c'est au sein du bataillon parachutiste que Jacques Peyrat a rencontré Albert Spaggiari. Devenu avocat, il a défendu Spaggiari. Il est le dernier à l'avoir entendu, quand Spaggiari lui a téléphoné, au seuil de la mort, pour lui laisser ses ultimes confidences.


affiche protestataire localePolitiquement, Jacques Peyrat a longtemps secondé Le Pen. Il a quitté le Front National en vue de briguer la mairie de Nice, d'abord sans étiquette puis RPR et aujourd'hui UMP.

Actuellement, il cumule les activités de sénateur en plus de sa fonction de maire et de président de la communauté d'agglomération.




Bien mal acquis...


Janvier 2006. Le recueil des actes administratifs de la ville de Nice dans son numéro 140 (dépôt légal mars 2006 - ISSN 1259-8755) relate les conseils municipaux du 16/12/2005 et du 13/01/2006, les marchés et appels d'offres, les permis,
les arrêtés municipaux, etc.

Au bas de la page 71, une mesure adoptée mériterait plus de lumière :

extrait du recueil n° 140 des actes administratifs, page 71 [ cliquer pour visionner la page ]


Bien mal acquis ne profite jamais longtemps.


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Publié dans Dessine-moi un mouton

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