Le krach intellectuel
La présentatrice du JT a d'abord annoncé 8 milliards avant de rectifier en parlant de 40 milliards.
Quelle différence ?
C'est étrange, depuis la rentrée, depuis que « l'économie réelle » est touchée de plein fouet -le fouet spéculatif qu'on situe dans les bourses mais qui frappe les esprits dans le dos, on est passé des millions aux milliards.
Difficile de mesurer des milliards.
Pourtant l'euro devait reculer 6,5595 fois l'échéance de leur usage.
Alors, comme pour marquer l'ascendant de l'économie sur l'humain, il va falloir s'habituer à ce que la population mondiale ne soit plus le chiffre le plus vertigineux que l'on connaisse.
La moitié des habitants de la planète survit avec moins de 2,5$ par jour (*).
La dette par habitant, en France à laquelle on prête encore, est de 19646 euros.
Pardon : 19647 (*).
Soit 1259 milliards pour les seuls Français, unis pour le coût (*).
Il y a 107 pays moins endettés que nous.
Pas terrible, pour une cinquième puissance mondiale.
Chaque année, la charge des intérêts de la dette est de 40 milliards, soit 15 % du budget de l'Etat.
Il faut s'accrocher pour bien mesurer ce que signifient alors les 1037 euros nets que rapportent un smic (*).

Nombre de salariés au SMIC
Entreprises non agricoles, hors intérim 15 050 000 x 15,1 % = 2 270 000
Secteur de l’intérim 680 000 x 18,0 % = 120 000
Salariés agricoles 330 000 x 31,5 % = 110 000
Secteur domestique 650 000 x 49,5 % = 320 000
Etat, hôpital public, collectivités locales 5 720 000 x 9,0 % = 520 000.
10 pièces jaunes et 2 grises pour ceux-là.
Quelle différence ?
C'est étrange, depuis la rentrée, depuis que « l'économie réelle » est touchée de plein fouet -le fouet spéculatif qu'on situe dans les bourses mais qui frappe les esprits dans le dos, on est passé des millions aux milliards.Difficile de mesurer des milliards.
Pourtant l'euro devait reculer 6,5595 fois l'échéance de leur usage.
Alors, comme pour marquer l'ascendant de l'économie sur l'humain, il va falloir s'habituer à ce que la population mondiale ne soit plus le chiffre le plus vertigineux que l'on connaisse.
6,5 milliards d'humains versus 340 milliards pour les seules banques françaises.
La moitié des habitants de la planète survit avec moins de 2,5$ par jour (*).
La dette par habitant, en France à laquelle on prête encore, est de 19646 euros.
Pardon : 19647 (*).
Soit 1259 milliards pour les seuls Français, unis pour le coût (*).
Il y a 107 pays moins endettés que nous.
Pas terrible, pour une cinquième puissance mondiale.
Chaque année, la charge des intérêts de la dette est de 40 milliards, soit 15 % du budget de l'Etat.
Il faut s'accrocher pour bien mesurer ce que signifient alors les 1037 euros nets que rapportent un smic (*).

Nombre de salariés au SMIC
Entreprises non agricoles, hors intérim 15 050 000 x 15,1 % = 2 270 000
Secteur de l’intérim 680 000 x 18,0 % = 120 000
Salariés agricoles 330 000 x 31,5 % = 110 000
Secteur domestique 650 000 x 49,5 % = 320 000
Etat, hôpital public, collectivités locales 5 720 000 x 9,0 % = 520 000.
10 pièces jaunes et 2 grises pour ceux-là.
Quand j'étais petit, maman se débattait pour accéder à la propriété.
Divorcée, travaillant et élevant seule son enfant, elle y accéda peu après 40 ans.
Un bien à 700000 francs - mille pièces jaunes.
Ca valait des sacrifices mais il y avait peu de télévision alors je me sentais privé de moins.
Aujourd'hui à la retraite, elle roule en Audi et n'est presque plus inquiète pour moi.
Faut dire que pour l'aider, nous ne parlons jamais de mon travail, des économies que je n'ai pas, ni du coût de la vie, ni de ma santé, ni de rien, en fait. Lorsqu'une discussion nous mène au confluent des reproches que je fais à sa génération, celle des baby-boomer qui ont souffert puis profité de l'après-guerre en voulant croire que leurs rejetons feraient mieux avec une enfance tellement meilleure que la leur, elle dit qu'elle trouve ceux de mon âge bien cruels et ingrats. « On a fait ce qu'on a pu ».
Ma génération connaît bien leurs difficultés.
Actuellement, ils nous apprennent celle de vieillir.
Du coup, je me sens un peu schizophrène quand j'essaye d'expliquer à mon fils pourquoi de plus en plus de gens vivent dans la rue, fréquentent les restos du coeur, alors que la prix du Terabyte baisse tous les 6 mois. Je veux dire : je peine à justifier un monde de plus en plus riche qui fabrique de plus en plus de pauvres.
On connaît mieux les maladies mais il est de plus en plus difficile d'accéder aux soins. Il n'y a plus une famine mais des famines dans le monde, plus une guerre mais des guerres, plus d'attentats mais le terrorisme, plus de futur qu'on rêve mais un présent qui s'échappe sous nos pieds.
Et dire qu'il n'a pas encore fait ces 5 ans d'études supérieures qui lui permettront de gagner moins que la retraite de sa grand'mère.
Pourtant, je continue à lui dire
qu'il ne faut pas manger entre les repas,
à lui apprendre à ne pas être égoïste avec les proches,
- comme maman le faisait avec moi,
à espérer toute sa vie, comme aujourd'hui, être heureux.
J'essaie de ne pas faire les mêmes erreurs.
A commencer par celle de l'individualisme.
Aujourd'hui à la retraite, elle roule en Audi et n'est presque plus inquiète pour moi.
Faut dire que pour l'aider, nous ne parlons jamais de mon travail, des économies que je n'ai pas, ni du coût de la vie, ni de ma santé, ni de rien, en fait. Lorsqu'une discussion nous mène au confluent des reproches que je fais à sa génération, celle des baby-boomer qui ont souffert puis profité de l'après-guerre en voulant croire que leurs rejetons feraient mieux avec une enfance tellement meilleure que la leur, elle dit qu'elle trouve ceux de mon âge bien cruels et ingrats. « On a fait ce qu'on a pu ».
Ma génération connaît bien leurs difficultés.
Actuellement, ils nous apprennent celle de vieillir.
Du coup, je me sens un peu schizophrène quand j'essaye d'expliquer à mon fils pourquoi de plus en plus de gens vivent dans la rue, fréquentent les restos du coeur, alors que la prix du Terabyte baisse tous les 6 mois. Je veux dire : je peine à justifier un monde de plus en plus riche qui fabrique de plus en plus de pauvres.
On connaît mieux les maladies mais il est de plus en plus difficile d'accéder aux soins. Il n'y a plus une famine mais des famines dans le monde, plus une guerre mais des guerres, plus d'attentats mais le terrorisme, plus de futur qu'on rêve mais un présent qui s'échappe sous nos pieds.
Et dire qu'il n'a pas encore fait ces 5 ans d'études supérieures qui lui permettront de gagner moins que la retraite de sa grand'mère.
Pourtant, je continue à lui dire
qu'il ne faut pas manger entre les repas,
à lui apprendre à ne pas être égoïste avec les proches,
- comme maman le faisait avec moi,
à espérer toute sa vie, comme aujourd'hui, être heureux.
J'essaie de ne pas faire les mêmes erreurs.
A commencer par celle de l'individualisme.
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