Pichenette et parti pris (2)
« C’était à huit heures et demie. Royal, pour sa dernière radio de la campagne, répondait aux questions des auditeurs de RTL. Et, sacrilège, n’avait pas hésité à mettre en cause des médias, prononçant même des gros mots : des noms propres. Des noms de médias. Plus précisément : Bouygues et LCI.
Horreur, triple horreur ! Sacrilège ! Aphatie, à sa manière, implacable et factuelle, pointa cet inqualifiable dérapage de la candidate qu’étranglaient déjà les ultimes sondages du matin : "pour la première fois, Ségolène Royal, vous prononcez des noms de médias". Et repartit dans son plaidoyer habituel : les journalistes font consciencieusement leur travail, les agresser revient à pourrir la démocratie, etc.
Royal se défendit. Christophe Hondelatte, animateur de la tranche horaire, se déclara vertueusement "solidaire" de Aphatie, et de tous ses confrères.
OK. On croyait la question épuisée quand Hondelatte, quelques minutes plus tard, à propos du débat Royal-Sarkozy de l’avant-veille, posa à la candidate une question qui manifestement le tarabustait, le taraudait, le torturait, le préoccupait davantage que les questions des auditeurs. Je cite de mémoire : "PPDA a raconté sur LCI que vous ne regardiez pas Sarkozy dans les yeux, mais que vous regardiez par dessus son épaule, ce qui l’a destabilisé. C’est vrai ?"
Bigre. La candidate en resta interloquée une seconde, réprima un rire en imaginant ce PPDA extra-lucide, qui savait mieux qu’elle où portaient ses regards, et plutôt que de répondre, laissa seulement tomber : "eh bien, tout est dit, à propos de la question précédente".
Horreur, triple horreur ! Sacrilège ! Aphatie, à sa manière, implacable et factuelle, pointa cet inqualifiable dérapage de la candidate qu’étranglaient déjà les ultimes sondages du matin : "pour la première fois, Ségolène Royal, vous prononcez des noms de médias". Et repartit dans son plaidoyer habituel : les journalistes font consciencieusement leur travail, les agresser revient à pourrir la démocratie, etc.
Royal se défendit. Christophe Hondelatte, animateur de la tranche horaire, se déclara vertueusement "solidaire" de Aphatie, et de tous ses confrères.
OK. On croyait la question épuisée quand Hondelatte, quelques minutes plus tard, à propos du débat Royal-Sarkozy de l’avant-veille, posa à la candidate une question qui manifestement le tarabustait, le taraudait, le torturait, le préoccupait davantage que les questions des auditeurs. Je cite de mémoire : "PPDA a raconté sur LCI que vous ne regardiez pas Sarkozy dans les yeux, mais que vous regardiez par dessus son épaule, ce qui l’a destabilisé. C’est vrai ?"
Bigre. La candidate en resta interloquée une seconde, réprima un rire en imaginant ce PPDA extra-lucide, qui savait mieux qu’elle où portaient ses regards, et plutôt que de répondre, laissa seulement tomber : "eh bien, tout est dit, à propos de la question précédente".
extrait d'un billet de Daniel Schneidermann sur le Big Bang Blog
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Pichenette et parti pris (1)
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