Mobilité existentielle
Avant, elle était l'apanage des VRP. Ou réservée aux hommes d'affaires. Aux politiques aussi. Elle donnait lieu aux phantasmes de ceux qui restaient. Et aux folies de ceux qui partaient. Elle était la porte d'accès à un monde parallèle dans lequel le travail est plus important que la lumière.
Aujourd'hui, elle est accessible aux pauvres.
Elle est même conseillée aux plus démunis.
La mobilité professionnelle s'est institutionnalisée :
Aujourd'hui, elle est accessible aux pauvres.
Elle est même conseillée aux plus démunis.
La mobilité professionnelle s'est institutionnalisée :
Les chômeurs et les titulaires de minimas sociaux qui retrouveront un emploi "à 150 ou 200 km de chez eux" bénéficieront d’un crédit d’impôt de 1500€ ou d’un chèque du Trésor public de 1500€ pour les non-imposables. "Cela les aidera à couvrir les frais de réinstallation" précise le ministre.
![Saut à ski, à Innsbruck [ source : La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/sautaski.jpg)
- La petite a les yeux brillants
- Non ! ce n'est pas le moment.
- Je lui ai pris la fièvre, elle a 39°
- Ils ne la prendront jamais à l'école demain matin...
- Je ne l'y aurais pas amenée !
- Comment on va faire ?
- Quoi, comment on va faire ? Je n'irai pas travailler, c'est tout !
- Mais... tu ne peux pas... tu viens de commencer
- Et alors ?
- Ils ne vont jamais te garder.
- Tu crois que la petite ne sera pas malade pendant deux ans ?!? On dirait que tu n'y avais pas pensé ! Et d'abord, pourquoi toi tu t'arrêterais pas ?
- Parce que tu sais bien, on ne peut pas prendre le risque de perdre mon emploi.
- Mais alors, comment y font les autres ?
- Les autres, ils ont la famille qui peut les aider
- La famille, la famille... le chômage lui a rendu un fieffé service.
- Tu délires
- Non ! ce n'est pas le moment.
- Je lui ai pris la fièvre, elle a 39°
- Ils ne la prendront jamais à l'école demain matin...
- Je ne l'y aurais pas amenée !
- Comment on va faire ?
- Quoi, comment on va faire ? Je n'irai pas travailler, c'est tout !
- Mais... tu ne peux pas... tu viens de commencer
- Et alors ?
- Et alors, ce n'est pas malin de se faire remarquer pendant la période d'essai.
- La période d'essai, tu parles : deux ans, qu'elle devrait durer !- Ils ne vont jamais te garder.
- Tu crois que la petite ne sera pas malade pendant deux ans ?!? On dirait que tu n'y avais pas pensé ! Et d'abord, pourquoi toi tu t'arrêterais pas ?
- Parce que tu sais bien, on ne peut pas prendre le risque de perdre mon emploi.
- Mais alors, comment y font les autres ?
- Les autres, ils ont la famille qui peut les aider
- La famille, la famille... le chômage lui a rendu un fieffé service.
- Tu délires
- Je délire ?!? Non mais tu t'entends vouloir me raisonner, toi, alors qu'on a traversé la France pour que tu trouves un boulot, alors que moi je suis une sous-employable qui ne peut même pas rêver d'un métier parce ce qui compte c'est gagner de l'argent juste pour vivre, tu t'entends pas vouloir me raisonner, toi, alors qu'on est complètement isolés ici, alors que notre enfant est malade comme il est normal que soient malades les enfants ! Je vais te dire ce qui va pas : c'est que tu as plus peur pour ton travail que pour ta fille.
- ...
- Et le pire, tu sais ce que c'est ?
- ...
- C'est qu'on est plus pauvres que jamais.
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