Qui assure ?
Bien qu'on m'ait précisé qu'il était possible de tout faire par téléphone, je préférai procéder plus classiquement et faire un tour à l'agence de la Matmut.
Peu avant 14 heures, elles ne sont que deux dans le trop vaste open space qui m'accueille. C'est d'ailleurs tout ce qui m'accueille : la première est en cours de conversation téléphonique et m'envoie plus au fond d'un geste vague vers là-bas.
Le seconde employée n'a pas l'air ravie et me demande de m'asseoir devant un bureau vide. Elle me rejoint peu après.
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
J'ignore pourquoi mais nous nous déplaçons à nouveau. Plus près de l'autre employée qui téléphone toujours, ce nouvel emplacement conviendra certainement mieux à notre entretien. Avant de s'adresser à moi, mon interlocutrice ne parvient pas à déverrouiller l'ordinateur qu'elle comptait utiliser. Elle ne s'en formalise pas davantage et m'interroge.
Je répète :
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
Elle m'explique qu'elle s'occupe des sinistres et que c'est donc sa collègue qui va se charger de moi (!).
Celle-ci met professionnellement un terme à son entretien téléphonique :
- je dois te laisser, j'ai du monde (!). Je te rappelle tout de suite (!!!).
Je répète :
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
Et je joue mon va-tout : j'explique que je suis déjà sociétaire, que j'ai déjà appelé pour me renseigner mais que me voici pourtant...
- ça devrait aller plus vite
Voilà, justement : c'est pour ça (que je suis là) !
Non, je n'ai pas mon numéro de sociétaire.
Sans me regarder, elle m'écoute épeler mon nom et me retrouve sur son écran.
Elle vérifie que c'est bien moi en me demandant mon prénom.
Je passe l'épreuve.
- Donc vous voulez assurer un deux roues ?
C'est ça.
Ca explique même que je sois là.
Pour que ça aille plus vite aussi.
- Avez-vous un local dans lequel sera hébergé votre deux roues ?
Non.
- Dans ce cas, vous ne pourrez pas être assuré contre le vol.
Bien sûr... On est en 2006.
- Quelle est la marque ?
- C'est R...
- R... ?
- R...
- C'est un modèle sport ?
- Non, c'est un modèle monté par un mécano en ville. Un peu comme les assembleurs pour PC sauf que là ce sont des scooters qu'il assemble sous sa marque propre : R...
- Je ne connais pas.
- ...
Elle fixe son avant-bras dénudé sans raison apparente.
- Je vais appeler le Siège.
Le Siège lui confirme qu'elle est lourde.
De sa bonne compréhension des choses dépend seulement une infinité de possibles... Ne pas intellectualiser : c'est une formalité.
La voici revenue à moi et l'affaire se fait finalement : prévoyant, j'avais apporté toutes les informations nécessaires. Je signe que j'atteste que j'ai lu et approuvé un contrat que je n'ai ni lu ni approuvé (comme s'il était envisageable de revenir sur une clause hic et nunc).
- Je vous donne des constats à l'amiable ?
- merci
- J'espère que ça ne vous portera pas la poisse
- je m'assure précisément pour qu'il ne m'arrive rien.
Compliqué à saisir, comme concept...
D'un geste vif et précis, elle prélève un cheveu égaré sur son avant-bras.
C'était ça.
- Nous proposons désormais un capital prévoyance qui vous permet de bénéficier d'un capital décès, le saviez-vous ?
Le vol, ok.
Le constat à l'amiable, passe.
Mais le capital décès !?!
C'est une forte probabilité des possibles : une minute plus tard, elle reprenait tranquillement sa conversation téléphonique.
![Bataille de tomates en Espagne [ source : La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/batailledetomates.jpg)
Peu avant 14 heures, elles ne sont que deux dans le trop vaste open space qui m'accueille. C'est d'ailleurs tout ce qui m'accueille : la première est en cours de conversation téléphonique et m'envoie plus au fond d'un geste vague vers là-bas.
Le seconde employée n'a pas l'air ravie et me demande de m'asseoir devant un bureau vide. Elle me rejoint peu après.
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
J'ignore pourquoi mais nous nous déplaçons à nouveau. Plus près de l'autre employée qui téléphone toujours, ce nouvel emplacement conviendra certainement mieux à notre entretien. Avant de s'adresser à moi, mon interlocutrice ne parvient pas à déverrouiller l'ordinateur qu'elle comptait utiliser. Elle ne s'en formalise pas davantage et m'interroge.
Je répète :
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
Elle m'explique qu'elle s'occupe des sinistres et que c'est donc sa collègue qui va se charger de moi (!).
Celle-ci met professionnellement un terme à son entretien téléphonique :
- je dois te laisser, j'ai du monde (!). Je te rappelle tout de suite (!!!).
Je répète :
- je voudrais assurer un deux roues que je viens d'acquérir.
Et je joue mon va-tout : j'explique que je suis déjà sociétaire, que j'ai déjà appelé pour me renseigner mais que me voici pourtant...
- ça devrait aller plus vite
Voilà, justement : c'est pour ça (que je suis là) !
Non, je n'ai pas mon numéro de sociétaire.
Sans me regarder, elle m'écoute épeler mon nom et me retrouve sur son écran.
Elle vérifie que c'est bien moi en me demandant mon prénom.
Je passe l'épreuve.
- Donc vous voulez assurer un deux roues ?
C'est ça.
Ca explique même que je sois là.
Pour que ça aille plus vite aussi.
- Avez-vous un local dans lequel sera hébergé votre deux roues ?
Non.
- Dans ce cas, vous ne pourrez pas être assuré contre le vol.
Bien sûr... On est en 2006.
- Quelle est la marque ?
- C'est R...
- R... ?
- R...
- C'est un modèle sport ?
- Non, c'est un modèle monté par un mécano en ville. Un peu comme les assembleurs pour PC sauf que là ce sont des scooters qu'il assemble sous sa marque propre : R...
- Je ne connais pas.
- ...
Elle fixe son avant-bras dénudé sans raison apparente.
- Je vais appeler le Siège.
Le Siège lui confirme qu'elle est lourde.
De sa bonne compréhension des choses dépend seulement une infinité de possibles... Ne pas intellectualiser : c'est une formalité.
La voici revenue à moi et l'affaire se fait finalement : prévoyant, j'avais apporté toutes les informations nécessaires. Je signe que j'atteste que j'ai lu et approuvé un contrat que je n'ai ni lu ni approuvé (comme s'il était envisageable de revenir sur une clause hic et nunc).
- Je vous donne des constats à l'amiable ?
- merci
- J'espère que ça ne vous portera pas la poisse
- je m'assure précisément pour qu'il ne m'arrive rien.
Compliqué à saisir, comme concept...
D'un geste vif et précis, elle prélève un cheveu égaré sur son avant-bras.
C'était ça.
- Nous proposons désormais un capital prévoyance qui vous permet de bénéficier d'un capital décès, le saviez-vous ?
Le vol, ok.
Le constat à l'amiable, passe.
Mais le capital décès !?!
C'est une forte probabilité des possibles : une minute plus tard, elle reprenait tranquillement sa conversation téléphonique.
![Bataille de tomates en Espagne [ source : La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/batailledetomates.jpg)
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