Sur la pointe des pieds ?

Publié le par LChe


« Le Canard Enchaîné »
mercredi 20 septembre 2006

Sarkozy pratique l'écrémage ethnique

C'est donc cela, l'immigration choisie. La délivrance de titres de séjour à l'unité près : 6.924 sans-papiers - pas un de plus, pas un de moins - peuvent rester en France. Les 26.614 autres, après avoir été fichés, retournent, malgré eux, à la clandestinité. Sarkozy a ainsi clos, lundi 18 septembre, le processus qu'il avait lui-même déclenché le 13 juin dernier en fixant, dans une circulaire administrative, six critères de régularisation.

Après un mois d'affluence continue dans les préfectures, Sarkozy a craint d'être débordé par les 30.000 premières demandes. Et surtout d'apparaître trop laxiste aux yeux de son électorat comme de celui de Le Pen. Il délivre alors une consigne ferme à ses services : « Pas plus de 10.000 régularisations. Moins si possible. » Le 24 juillet, devant les préfets convoqués Place Beauvau, il revoit son objectif et fixe une fourchette « de 6.000 à 7.000 » délivrances de titres de séjour. « Ce jour-là, reconnaît un haut fonctionnaire de l'Intérieur, nous sommes passés d'une régularisation qualitative à une régularisation quantitative. » Autrement dit : à des quotas.

Au garde-à-vous, les préfets se mettent à écrémer. D'abord, en délivrant avec parcimonie les formulaires de demande de régularisation. Ensuite, en refusant systématiquement d'accorder un titre de séjour à tout individu concerné par le regroupement familial. Enfin, en durcissant les critères énumérés dans la circulaire du 13 juin. Notamment la maîtrise de la langue : si le demandeur ne parlait pas un français académique, il était soupçonné de ne pas vouloir s'intégrer...

Le plus dur est à venir et les 26.614 exclus de la régularisation peuvent s'attendre à vivre une année scolaire plus difficile que la précédente. Sarko n'est en effet pas décidé à mettre en place le « moratoire » qui prévalait jusque-là et empêchait toute expulsion de parents d'enfants scolarisés. Le 15 septembre, le Ministre de l'Intérieur a adressé une nouvelle note aux préfets, leur enjoignant de mener à bien, « conformément à la loi, des mesures d'expulsion ». Mais, surtout, il les appelle «tout particulièrement » à ne pas procéder aux « interpellations dans l'enceinte ou à proximité scolaire ». Cette exquise discrétion permet d'éviter tout incident avec les parent d'élèves « normaux » ou avec les associations de défense.

Il a raison, Sarko : une interpellation à 5 heures du matin et au domicile familial, c'est beaucoup plus humain.
Didier Hassoux



Sur la pointe des pieds : quand Sarkozy (1,70 m) rencontre Bush (1,83 m)

A la Une de ce même numéro du
Canard Enchaîné,

une édifiante analyse
de la photographie,
largement diffusée la semaine dernière en France,
illustrant la rencontre (informelle) entre les
deux « grands hommes »

Bush mesure 1,83 m.
Sarkozy, 1,70 m environ.

Ca ne se voit pas ?


Sur la pointe des pieds ?



lire aussi              
l'appel du Réseau Education Sans Frontières
Plutôt que faire une croix, signer
Publicité

Publié dans Post hérité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article