Pâles temps

Il n'y avait pas les voitures ni les avions et les capotes n'étaient anglaises que depuis peu (*). Les femmes n'avaient pas le droit de vote (*) et les hommes voulaient ignorer en quoi cela pouvait nuire à la démocratie que grosso modo nous défendons encore.
Durant le siècle, deux guerres, mondiales, fixèrent l'attention citoyenne. Pour situer la résonance au quotidien, il faut concevoir le 11 septembre comme un Pearl Harbour sans bombes et troupes chez soi dans l'année.
Les trente glorieuses (*) pansèrent les plaies d'un argent que promettaient à raison labeur et persévérance.
Survint la télévision (c'est là que les ennuis commencent).
Puis l'ordinateur. Et internet.
Au début, le Net se cala sur la réalité sérieuse.
Mais sa facilité d'accès pour les uns et la difficulté de le contrôler pour les autres -moins nombreux, l'éloignèrent rapidement de normes dictées.
Aujourd'hui, personnellement, je m'informe principalement via le web. Et ce n'est plus pour des motifs ludiques ou exploratoires, non : la télévision, face à l'actualité, à l'instar du journal papier, est devenue surannée. Et pourtant...
Et pourtant la publicité y maintient sa capitale de l'intégrisme libéral.
Comment se fait-ce ?
Durant le siècle, deux guerres, mondiales, fixèrent l'attention citoyenne. Pour situer la résonance au quotidien, il faut concevoir le 11 septembre comme un Pearl Harbour sans bombes et troupes chez soi dans l'année.
Les trente glorieuses (*) pansèrent les plaies d'un argent que promettaient à raison labeur et persévérance.
Survint la télévision (c'est là que les ennuis commencent).
Puis l'ordinateur. Et internet.
Au début, le Net se cala sur la réalité sérieuse.
Mais sa facilité d'accès pour les uns et la difficulté de le contrôler pour les autres -moins nombreux, l'éloignèrent rapidement de normes dictées.
Aujourd'hui, personnellement, je m'informe principalement via le web. Et ce n'est plus pour des motifs ludiques ou exploratoires, non : la télévision, face à l'actualité, à l'instar du journal papier, est devenue surannée. Et pourtant...
Et pourtant la publicité y maintient sa capitale de l'intégrisme libéral.
Comment se fait-ce ?

Les préservatifs la première fois que tu te retrouves nus, c'est ma génération.
Voici que vagit celle qui ne serrera plus les mains... A poil au portique de l'aéroport avec un masque nous anonymisant dans le ridicule absolu, c'est-à-dire aseptisés et sécurisés.
Pour ne pas tourner extrémiste, je me soigne. Je nourris des espoirs dans la connaissance que permet (encore) internet. A défaut de guérir, ça soulage.
Ainsi donc, en observant comment vivent d'une part les plus jeunes, pour qui la précarité est celle des ressources et des projets et d'autre part les plus vieux, pour qui la précarité principale est l'existence, j'ai compris à quel point, ne vivant plus ensemble désormais (l'individualisme aurait des défauts ?), leurs attentes et leurs désirs pour l'avenir pouvaient être éloignés.
Et du coup, j'ai saisi pourquoi la télévision étaient devenue ringarde à mes yeux : simplement parce qu'elle fournit le moyen inespéré de conditionner un électorat majoritaire, si ne c'est en nombre (ce qui reste à confirmer, je n'ai pas trouvé de chiffres à ce sujet -sensible), au moins en intentions.
Cet électorat qui considère internet comme un gadget (et doit le rester -CQFD) a 67 ans en moyenne.
Cet électorat qui considère internet comme un gadget (et doit le rester -CQFD) a 67 ans en moyenne.
Les données figurant dans ce billet sont extraites du site de l'INSEE.Cliquer sur les tableau ou la pyramide des âges pour accéder aux sources.
N'importe quel joueur branché le sait : la quantité, c'est la qualité.
Pendant que les jeunes tchatchent dans leur virtualité et s'équipent de ce qui permet de les surveiller mieux les comprendre, le Pouvoir flatte ses meilleurs clients, leurs aînés, via le portrait du Président de la République l'écran-tendant-à-s'aplatir qui tapisse leur salon.
Pendant que les jeunes tchatchent dans leur virtualité et s'équipent de ce qui permet de les surveiller mieux les comprendre, le Pouvoir flatte ses meilleurs clients, leurs aînés, via le portrait du Président de la République l'écran-tendant-à-s'aplatir qui tapisse leur salon.
Vu la pyramide des âges et la conjoncture mondiale, la partie semble pliée dans cette démocratie.
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