Je ponce donc j'essuie
« En route pour l'aventure !», avait-elle lancé, en plein couple sans contrainte, alors que l'enfant était loin et pour un mois.
« On va peindre le salon ! », avait-elle continué.
Peindre le salon, la plus grande pièce de la maison.
Mais d'abord, arracher la tapisserie.
Un jour et deux soirées : il y avait 6 couches.
Jetées à la rue dans dix sacs de 100 litres.
Arriverderci amore ciao l'ambiance de trois décennies.
Puis lessiver.
Nous au participe passé
et les murs, à l'imparfait.
Eponger, racler.
Mouiller, racler.
En plein couple sans contrainte, racler.
Enduire ensuite.
Et lisser.
A la spatule, la grande ou la petite, ce n'est pas égal.
Il ne s'agit de se dépenser sans compter...
Car il faudra poncer ensuite.
La poussière, partout, et nos visages vieux de nos corps blanchis.
Je t'aimerai encore quand tu auras les cheveux gris, ai-je pensé.
Mais je ne le lui ai pas dit : parler de vieillir, ça ne m'amuse plus trop.
Balayer, ramasser le ciment raboté.
Cette poudre, on dirait de la drogue.
Le salon commence à ressembler à quelque chose qui deviendra bien.
Voilà ma seule héroine qui sourit.
Enfin : peindre.
Une sous-couche, d'abord, hélas.
De quoi pleurer : la peinture acrylique à disposition ne s'applique pas sur un mur nu.
C'est dimanche, tout est fermé.
Encore une fois, ce temps entre deux, à attendre.
Les muscles sont chauds.
Mais il y a aussi beaucoup de fatigue et d'autres choses laissées en plan.
Lundi de feu et mardi : passer la deuxième couche.
On s'applique, on voudrait que ce soit la dernière.
Etalé totalement sur toutes les parois, l'indigo s'avère gris.
On se sent dans la boîte d'un magicien.
Dix jours sont passés.
Le lendemain, l'enfant revient.
Il racontera par le menu les mille aventures de ses vacances dans un salon qui plaît à ses parents.
Ma La vie.
« On va peindre le salon ! », avait-elle continué.
Peindre le salon, la plus grande pièce de la maison.
Mais d'abord, arracher la tapisserie.
Un jour et deux soirées : il y avait 6 couches.
Jetées à la rue dans dix sacs de 100 litres.
Arriverderci amore ciao l'ambiance de trois décennies.
Puis lessiver.
Nous au participe passé
et les murs, à l'imparfait.
Eponger, racler.
Mouiller, racler.
En plein couple sans contrainte, racler.
Enduire ensuite.
Et lisser.
A la spatule, la grande ou la petite, ce n'est pas égal.
Il ne s'agit de se dépenser sans compter...
Car il faudra poncer ensuite.
La poussière, partout, et nos visages vieux de nos corps blanchis.
Je t'aimerai encore quand tu auras les cheveux gris, ai-je pensé.
Mais je ne le lui ai pas dit : parler de vieillir, ça ne m'amuse plus trop.
Balayer, ramasser le ciment raboté.
Cette poudre, on dirait de la drogue.
Le salon commence à ressembler à quelque chose qui deviendra bien.
Voilà ma seule héroine qui sourit.
Enfin : peindre.
Une sous-couche, d'abord, hélas.
De quoi pleurer : la peinture acrylique à disposition ne s'applique pas sur un mur nu.
C'est dimanche, tout est fermé.
Encore une fois, ce temps entre deux, à attendre.
Les muscles sont chauds.
Mais il y a aussi beaucoup de fatigue et d'autres choses laissées en plan.
Lundi de feu et mardi : passer la deuxième couche.
On s'applique, on voudrait que ce soit la dernière.
Etalé totalement sur toutes les parois, l'indigo s'avère gris.
On se sent dans la boîte d'un magicien.
Dix jours sont passés.
Le lendemain, l'enfant revient.
Il racontera par le menu les mille aventures de ses vacances dans un salon qui plaît à ses parents.
Ma La vie.
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