Le dernier jour avec un 3 devant
Ciel bleu dès l'aube. Si j'habitais encore là où je suis né, ç'aurait été dix degrés de moins et de la pluie nuit puis jour, puis nuit. Du coup : une course près la mer jusqu'au cap en évitant du regard le grand carnaval du sud qui travaille. Si j'étais encore là où j'ai commencé, je me serais sans doute réveillé loin de chez moi, riche puis inquiet, plus quelconque.
Aujourd'hui a une saveur émouvante. Les vieux qui n'arrivent plus à marcher m'inspirent autant que les bébés encore allongés. Ce dernier jour avec un 3 devant, c'est comme en ville à 3 heures du matin, se sentir en campagne. Le monde autour dort et oublie dans ses rêves l'actualité. Demain, ils s'en rappelleront, ils appelleront. Aucun cri, aucune larme, ni de joie, ni de peine : toiser cet âge, c'est considérer le mât d'un bateau.
La fin du crédit illimité permet d'entrer dans l'histoire. Commencer à craindre mourir, c'est apprécier le chemin parcouru depuis la naissance. Au cours de cette décennie qui s'achève résonnait encore l'écho des 3 premières. Ce dernier jour avec un 3 devant, c'est l'évidente distance avec la vingtaine, la vingtaine qui traînait l'adolescence, pas riche mais chiche !, mémoire d'enfances et généalogie.
Pour l'inertie vers ce qui vient, une dizaine de la base (10) entièrement fidèle à la réalité partagée : toujours avec un 3 devant. Sur le vif, dernière image -fondamentalement opposée à ces dernières minutes qui oppressent les adultes : je suis ce père qui fait rire jusqu'au coeur cet enfant qui rit encore plus quand sa mère renchérit.
L'espace social de Bourdieu est un cliché des années sans internet : ce n'est pas tant le monde qui change mais le support de sa connaissance et ce que nous sommes capables de soutenir ensemble. Du plus vieil ami à l'absence du père, de Z qui est trop loin à grand'mère, de ceux qui sont là maintenant aux secrétaires perpétuels, des disparus à la soeurette qui ne croit pas aux hasards, nous soutenir puis nous souvenir jusqu'à nous saouler d'avenir.
Demain ? C'est à la fois le début et la fin de la quarantaine.
Aujourd'hui a une saveur émouvante. Les vieux qui n'arrivent plus à marcher m'inspirent autant que les bébés encore allongés. Ce dernier jour avec un 3 devant, c'est comme en ville à 3 heures du matin, se sentir en campagne. Le monde autour dort et oublie dans ses rêves l'actualité. Demain, ils s'en rappelleront, ils appelleront. Aucun cri, aucune larme, ni de joie, ni de peine : toiser cet âge, c'est considérer le mât d'un bateau.
La fin du crédit illimité permet d'entrer dans l'histoire. Commencer à craindre mourir, c'est apprécier le chemin parcouru depuis la naissance. Au cours de cette décennie qui s'achève résonnait encore l'écho des 3 premières. Ce dernier jour avec un 3 devant, c'est l'évidente distance avec la vingtaine, la vingtaine qui traînait l'adolescence, pas riche mais chiche !, mémoire d'enfances et généalogie.
Pour l'inertie vers ce qui vient, une dizaine de la base (10) entièrement fidèle à la réalité partagée : toujours avec un 3 devant. Sur le vif, dernière image -fondamentalement opposée à ces dernières minutes qui oppressent les adultes : je suis ce père qui fait rire jusqu'au coeur cet enfant qui rit encore plus quand sa mère renchérit.
L'espace social de Bourdieu est un cliché des années sans internet : ce n'est pas tant le monde qui change mais le support de sa connaissance et ce que nous sommes capables de soutenir ensemble. Du plus vieil ami à l'absence du père, de Z qui est trop loin à grand'mère, de ceux qui sont là maintenant aux secrétaires perpétuels, des disparus à la soeurette qui ne croit pas aux hasards, nous soutenir puis nous souvenir jusqu'à nous saouler d'avenir.
Demain ? C'est à la fois le début et la fin de la quarantaine.
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