Champix gnons

Publié le par LChe


Sculptures humaines sur la plage à Sydney [ source : www.repubblica.it ]
[ tam-tam ] Pour le dernier chant du Champix


« Ce n’est pas un sujet très Youpi, mais c’est important, c’est pour cela que je le fais.

Depuis que j’ai parlé du Champix sur mon bolg, un nombre non négligeable de lecteurs tombe par hasard ici, espérant peut-être y trouver des informations sur ce médicament.

Jusqu’ici, pour ne pas lui faire de publicité, je l’ai affublé de divers pseudos. Mais c’est fini.


Le Champix, des laboratoires Pfizer, est un médicament dangereux.


Si vous en avez pris, si vous avez eu des effets secondaires indésirables, il faut le signaler à votre médecin et lui demander de faire un rapport de pharmacovigilance, c’est important. Si personne ne dit rien, le produit continuera à être administré et je suis persuadée que cela peut être dangereux.

Je vous explique, amis lecteurs from google.

Lorsque mon médecin m’a prescrit du Champix pour arrêter de fumer, en août 2008, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, j’avais essayé plusieurs autres méthodes sans succès. Allons-y. Je suis cependant du genre à me méfier des médicaments, non que je juge qu’ils sont tous condamnables, bien au contraire, mais je suis d’un naturel méfiant… Je vais me renseigner sur internet, je parcours les forums, je lis des articles de journaux et je me rends rapidement compte que ce médicament est décrié, on l’accuse à plusieurs reprises d’être à l’origine de suicides et de dépressions sévères. J’en prends bonne note et je me dis : à moi, ça n’arrivera pas. Je crois que si je me mets à déprimer, je vais m’en rendre compte et donc arrêter le traitement, et puis pour ce qui est de l’envie de mettre fin à mes jours, je la trouve complètement stupide, ce n’est pas le genre d’idées qui me traversent l’esprit et je n’ai aucune raison de le faire. Rassurée donc.

Je commence le traitement. Il faut savoir que quand on prend du Champix , les quinze premiers jours, on n’est pas obligé de s’arrêter de fumer. Progressivement, on perd l’envie. Et c’est assez génial. Quand on a déjà essayé d’arrêter de fumer à plusieurs reprises, on connaît ces affreuses envies contre lesquelles il faut lutter (je sais depuis que ce n’est pas ainsi qu’il faut lutter, que le mot lutter d’ailleurs ne convient pas, allez voir là, vous comprendrez), c’est une torture. Là, aucune torture. De moins en moins d’envie de fumer. Cool. Tranquille. Oh, le délicieux médicament miracle, voyez comme je suis forte, je fume de moins en moins et ça fait même pas mal !

En même temps, petit à petit, une hypersensibilité qui se développe. Forcément, je m’en rends compte. Et je me dis que c’est normal, je n’accuse pas le Champix de ma modification d’humeur, j’accuse la cigarette. Ma cigarette est une béquille, elle l’a toujours été. Un truc qui régule mes émotions. Supprimer cette béquille, c’est leur laisser libre cours.

Je continue donc à prendre les médicaments. Et je vais de plus en plus mal. Mon entourage s’en rend compte et me conseille d’arrêter le Champix. Mais moi je m’accroche, j’ai envie d’arrêter de fumer, je ne peux pas laisser tomber. J’ai de plus en plus d’idées noires, une horreur grandissante à l’idée de retourner au travail, une agressivité qui enfle. Plus ça va, moins je me reconnais. Jusqu’au jour où me traverse l’envie fulgurante et irrépressible de jeter ma voiture contre un mur, avec mon petit garçon de cinq ans à l’arrière. Je freine à temps. L’espace d’un instant, j’ai été incapable de lutter contre cette idée impérieuse et odieuse. Je ne suis plus moi. Je ne m’obéis plus. Je croyais que mon bon sens suffirait à lutter contre les envies suicidaires, je me disais qu’un suicide ça se prépare et je me voyais mal organiser tout cela. Mais contre ces fulgurances, je ne peux rien. Je ne suis pas assez forte.

Je vais chez mon médecin, il me conseille de continuer le Champix parce que c’est pas bien  de fumer, et il me prescrit des antidépresseurs. J’ai arrêté le Champix de moi-même, je n’ai pas pris les antidépresseurs.

Trois mois sont passés. Les idées noires ne sont pas parties. Difficile d’accuser le Champix. Cette semaine, j’ai rencontré un psy qui m’a dit qu’on devrait retirer ce médicament du marché car il est à l’origine de sévères dépressions, j’ai lu aussi cet article du docteur Vincent grâce à cet autre article chez un air neuf. Je ne sais pas trop quoi en penser. Je crois que c’est peut-être trop simple d’accuser un médicament, il me semble que cette dépression couvait depuis plus longtemps. Sans doute, ce médicament a-t-il été le catalyseur, ou le révélateur de quelque chose de plus profond et qui n’était pas remonté à la surface. Serait-il resté caché sans Champix ? Je n’en sais rien du tout.

Je sais que le simple fait d’arrêter de fumer provoque des dépressions, je me dis parfois que ce qui a déclenché l’expression de mes symptômes c’est le fait de vouloir cesser de fumer. Il y a quand même un hic. C’est que je n’ai jamais arrêté de fumer. Même sous Champix, j’ai continué à fumer. Moins, c’est vrai, mais je n’ai jamais été sevrée.


Je n’ai pas de réponses tranchées sur le sujet, et ce n’est pas cela qui m’importe en ce moment. J’ai d’autres questions plus importantes à résoudre, et un chemin à retrouver.

J’ai tenu à écrire ce billet, pour témoigner de mon expérience à d’éventuels lecteurs qui seraient tentés de prendre ce médicament pour arrêter de fumer.

Réfléchissez bien.


Moi aussi je croyais que je saurais détecter les signes, je me sentais bien dans ma vie, je n’aurais jamais cru pouvoir un jour me retirer ainsi de moi et du monde.

Ne prenez pas le risque.


Si je n’avais pas été bien entourée, si j’avais fait confiance non à mes amis et à mon bon sens mais à mon médecin, j’aurais continué à prendre du Champix.


Et je ne suis pas sûre que je serais encore là pour en parler.



Tiphaine



A tous ceux qui seraient victimes d'effets indésirables dûs au Champix ou qui souhaitent avoir des informations, je vous invite à consulter la catégorie "Champix" du blog un air neuf.

Pour connaître la liste des centres de pharmacovigilance ou avoir accès à la fiche de déclaration d'effet indésirable (à remplir et à porter à votre médecin car il est le seul à avoir autorité à le faire), je vous invite également à consulter ce billet sur le site d'un air neuf.

Je vous invite également à consulter le communiqué de presse de l'Afssaps, il est hélas édifiant.»


source :  El bolg


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Publié dans Post hérité

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