La Réunion du Chikungunya et de la grippe aviaire

Publié le par LChe



Compte rendu d'une réunion d’information
sur le virus « Chikungunya » et « grippe aviaire  »
La Réunion, le 6 février 2006

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Le virus CHIKUNGUNYA à
la Réunion :
« Crise Sanitaire »


Intervenants

M.           pour M.         , I.A.

M.           , médecin-conseil du Rectorat


Rappels techniques et historiques sur la maladie

C’est un  Alpha Virus transmis par un vecteur principal ; le moustique ædes.

Celui qui transmet aussi la « dengue », la « fièvre jaune ». Il semblerait que seuls les primates et les humains puissent développer la maladie et transmettre le virus.

Elle a été diagnostiquée dès 1972 par des médecins de l’armée US dans le Sud-Est asiatique puis en Afrique, en Inde, et aux  Philippines.


La Réunion
, un cas d’école

Selon le médecin du Rectorat, les autorités sanitaires ont oublié que la Réunion était une île tropicale. L‘arrêt prématuré du traitement de l’île contre le paludisme en 1991 a permis aux moustiques de se développer.

Aujourd’hui nous sommes entourés de tous ces vecteurs des maladies émergentes. La fièvre jaune  ou  le virus du Nil occidental (West Nile virus), auraient pu devancer le virus Chikungunya.

Cette épidémie aura au moins eu le mérite de rappeler aux responsables sanitaires que l’île doit désormais se protéger de ces vecteurs : Les moustiques.

 

 Les symptômes de la maladie

-   Forte fièvre

-     Arthralgie-myalgie

-       Eruptions cutanées

-       Diarrhées

–   Nausées

–   Vomissements

-       Troubles ORL

Pas de symptômes hépatiques, ce qui différencie le Chikungunya de la  Dengue.

 

Mode transmission

Il semblerait que seuls les primates et les humains puissent développer la maladie et transmettre le virus.

Le moustique ædes femelle ingère le virus et le digère lorsqu’elle pique une personne malade. Le virus est ensuite est transmis aux glandes salivaires du moustique qui contamine une tierce personne  en piquant une nouvelle fois. Le temps d’incubation du virus dans une personne infectée est de 5 à 7 jours. Pendant ce temps la personne est non contaminante. Elle devient contaminante  pendant  3 à 5 jours à compter du début des symptômes. Elle doit impérativement se protéger des moustiques durant cette période.

 

Complications / Immunité

La préfecture compte aujourd’hui (06/02/06) 29 décès (encéphalites) liés au virus dont 1 mort sans co-facteur.

Essentiellement des personnes âgées, des enfants et nouveaux-nés.

Mais une grande proportion des cas n’est atteinte que du « petit Chikungunya »

Il n’y aurait pas de cas de re-contamination mais seulement des complications auto-immunes chez certaines personnes ayant déjà développé la maladie (comme une réaction à un vaccin).

 

Connaître le moustique

Les moustiques vecteurs sont ædes spp (98%) et ædes. aegypti, ædes. Africanus.

Ils vivent en milieux humides et en extérieur contrairement à l’anophèle qui apprécie l’intérieur des bâtiments. Il apprécie la couleur noire ;il ne se pose pas  mais  se repose sous les feuilles et les plantes la tête en bas.

 

Se protéger, c’est protéger les autres

Dans le passé, la maladie n'a pas eu d'incidence assez importante au niveau des pays développés pour induire la recherche vers la production d'un vaccin ; il faudrait 5 à 15 ans pour le réaliser.  


Se prémunir des piqûres

Le meilleur moyen de  stopper l’épidémie est de se protéger des piqûres  dans la vie de tous les jours.

Pour tous les citoyens, élèves, enseignants,  et le personnel communal le médecin-conseil du Rectorat préconise :

-         de porter des vêtements longs et épais

-         des chaussettes et des chaussures fermées

-         de se protéger avec un répulsif.

Il sera demandé aux parents de protéger leurs enfants ainsi pour venir à l’école.

Détruire les gîtes larvaires et lutte anti-vectorielle

La seule lutte efficace aujourd’hui correspond à la destruction de tous les gîtes larvaires, c’est à dire les zones d’eau stagnante. Les « opérations-chocs » de démoustication ne détruisent que moustiques adultes et non les larves. Les larves mettent 7 jours pour devenir moustiques.

Les écoles doivent être des « zones saines ». Elles seront traitées toutes les semaines. Les enseignants et les personnels communaux doivent faire éliminer tous les gîtes larvaires :

-     toitures

-     gouttières

-     pneus

-     tout contenant susceptible d’accumuler de l’eau de pluie…

-    arrêter les arrosages dans l’enceinte des établissements.

 

Les pulvérisations d'insecticide ne concernent que l’extérieur des bâtiments ; l‘accès aux écoles doit être interdit durant  6 heures après l‘opération.

Les enfants ne doivent pas entrer en contact direct avec les plantes de la cour. 


Le rôle de l’Ecole


Amener les enfants et les familles à agir en citoyens responsables

Respecter les consignes concernant les tenues vestimentaires (voir plus haut)

S'assurer que les écoles soient des « zone saines »

Inviter les enfants  et  les familles à détruire tous les gîtes larvaires dans le périmètre des habitations.

La DRASS distribuera à tous les élèves une plaquette d’information sur la lutte et la maladie. Les enseignants seront invités à la diffuser et l’expliquer.

Le Rectorat prévoit ½ heure d’enseignement hebdomadaire à la sensibilisation à l’épidémie jusqu’ à sa disparition.

La maladie n’est pas une raison d’éviction scolaire.

 

Information sur  l’évolution de l’épidémie


Informer quotidiennement les IEN sur l’absentéisme des enfants et des enseignants.


La « grippe aviaire  »

Le médecin-conseil du Rectorat a profité de cette réunion pour alerter sur la probabilité d’une pandémie de « grippe aviaire ».

Les analyses et recherches des scientifiques sont très pessimistes.

Alors que l’épidémie de « grippe classique » a démarré depuis 3 semaines en Europe ; il semblerait que le Virus H5N1  de la « grippe aviaire » puisse muter avec le Virus HN « grippe classique ».

 

Le virus H5N1 serait alors transmissible dans l’air. Il tue en 4 à 5 jours.

Ce cas  de pandémie serait semblable à la « grippe espagnole » qui a fait 20 millions de morts après la première guerre mondiale.

Les autorités sanitaires prévoient dans ce cas jusqu'à 500 000  décès  en France !!!!

La Réunion ne serait pas épargnée…

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Lire    
le précédent billet
en date du 13 février
Chikungunya le feu !

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en date du 2 mars

Baroin de chez nous
(et le chikungunya, là-bas)


Voir  
  

Le Chikungunya 
sur le site de l'InVS
Institut de Veille Sanitaire


dans le Monde
en date du
30 janvier
la progression mondiale de la grippe aviaire

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Publié dans Post hérité

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