JoB le taxi
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Il y a deux semaines, j'ai pris deux fois le taxi.
C'était loin d'ici, c'était à Paris.
Paris, je la vois encore aujourd'hui telle qu'enfant d'un village je l'imaginais.
La première fois d'Orly à la Direction Générale, c'était la nuit : j'ai choisi une voiture blanche, la seule du cortège à l'arrêt, et un chauffeur noir, le seul également.
J'ai fait ce que j'avais à faire le lendemain et la seconde, ce fut donc de la Direction Générale à Orly. Je n'ai cette fois pas choisi le taxi car c'est manifestement lui qui a choisi notre entreprise comme fournisseur principal.
Installé avec lui durant l'heure qui a suivi, il m'a parlé de beaucoup de choses concernant mon travail, des choses glanées au fil des trajets avec les dirigeants voyageurs. Ainsi ai-je appris de la bouche de JB - l'homme à la compagnie éponyme, des informations particulièrement pertinentes. JB était en plus capable de citer ses sources, par le prénom et le nom, ce qui nous a permis d'avoir des connaissances communes, moi l'enfant d'un village qui n'en est plus un maintenant, et lui, le rugueux banlieusard qui bientôt s'installera au soleil pour sa retraite.
JB m'a notamment parlé de quelqu'un qui a été décisif lorsque j'ai été embauché, il y a des années. J'ai dit à JB tout le bien que je pensais de ce monsieur.
Nom d'une cicatrice au genou : faire une telle rencontre improbable dans la géante Capitale !
A la fin de la course, en lui serrant la main, j'ai quand même donné mon prénom et mon nom à mon Charon, lui précisant que j'étais sans doute le plus petit élément de l'entreprise qu'il ait jamais transporté.
Le plus petit parce que les autres petits éléments voyageurs auraient pris le métro et le RER pour être dans leurs frais remboursés.
Mais moi, quand je vais à Paris pour le travail, je me souviens des centaines de kilomètres en vélo qu'on a pu faire avec les copains pour aller d'un village à l'autre, à la recherche d'être grands le plus tôt possible, alors je prends un taxi.
Ca va plus vite.
C'était loin d'ici, c'était à Paris.
Paris, je la vois encore aujourd'hui telle qu'enfant d'un village je l'imaginais.
La première fois d'Orly à la Direction Générale, c'était la nuit : j'ai choisi une voiture blanche, la seule du cortège à l'arrêt, et un chauffeur noir, le seul également.
J'ai fait ce que j'avais à faire le lendemain et la seconde, ce fut donc de la Direction Générale à Orly. Je n'ai cette fois pas choisi le taxi car c'est manifestement lui qui a choisi notre entreprise comme fournisseur principal.
Installé avec lui durant l'heure qui a suivi, il m'a parlé de beaucoup de choses concernant mon travail, des choses glanées au fil des trajets avec les dirigeants voyageurs. Ainsi ai-je appris de la bouche de JB - l'homme à la compagnie éponyme, des informations particulièrement pertinentes. JB était en plus capable de citer ses sources, par le prénom et le nom, ce qui nous a permis d'avoir des connaissances communes, moi l'enfant d'un village qui n'en est plus un maintenant, et lui, le rugueux banlieusard qui bientôt s'installera au soleil pour sa retraite.
JB m'a notamment parlé de quelqu'un qui a été décisif lorsque j'ai été embauché, il y a des années. J'ai dit à JB tout le bien que je pensais de ce monsieur.
Nom d'une cicatrice au genou : faire une telle rencontre improbable dans la géante Capitale !
A la fin de la course, en lui serrant la main, j'ai quand même donné mon prénom et mon nom à mon Charon, lui précisant que j'étais sans doute le plus petit élément de l'entreprise qu'il ait jamais transporté.
Le plus petit parce que les autres petits éléments voyageurs auraient pris le métro et le RER pour être dans leurs frais remboursés.
Mais moi, quand je vais à Paris pour le travail, je me souviens des centaines de kilomètres en vélo qu'on a pu faire avec les copains pour aller d'un village à l'autre, à la recherche d'être grands le plus tôt possible, alors je prends un taxi.
Ca va plus vite.
Aujourd'hui, je devais me rendre à Marseille. Je n'ai pas choisi le train mais j'ai prévu la même durée de trajet pour inclure mes circonvolutions maladroites à l'approche d'une Dame qui quand j'étais petit me faisait sourire et avoir peur en même temps.
J'y suis allé pour passer un entretien de progression interne.
Quand je prenais l'ostie, quand j'embrassais pour la première fois, quand je passais un examen, quand je quitte et quand je rejoins, je suis dans un état que je retrouve lors de ces ponctuations de la vie professionnelle.
Les locaux de la Direction Régionale ne sont pas à la hauteur des ambitions nationales et locales. Manque de place. Ou plutôt : manque de sous.
C'est à moi.
Hasard ! Dans mon jury, il y a l'homme qui a été décisif à mon embauche, il y a des années.
Il ne se souvient pas de moi.
Normal : il vole dans d'autres sphères.
Allez parler de hauteur à un plan...
Je le sais mon allié -il l'a déjà été, alors j'adresse plus particulièrement mes réponses aux deux autres membres du jury.
J'en viens à évoquer mon séjour récent à la Direction Générale, un gage de confiance.
On reste peut-être provincial comme on reste enfant : je parle de la journée et je cite même JB le taxi, qui connaît tout le monde dans notre entreprise.
Le troisième homme, l'allié, réagit :
- c'est vous qui avez parlé de moi à JB ?!?
- Oui,
ce n'est que moi qui habitais petit à 600 kilomètres de Paris qui ai dit à JB, vieux Charon, tout le bien que je pense de vous.
C'est bien le taxi quand on va à Paris
où tout se joue encore.
Ca va plus vite.
J'y suis allé pour passer un entretien de progression interne.
Quand je prenais l'ostie, quand j'embrassais pour la première fois, quand je passais un examen, quand je quitte et quand je rejoins, je suis dans un état que je retrouve lors de ces ponctuations de la vie professionnelle.
Les locaux de la Direction Régionale ne sont pas à la hauteur des ambitions nationales et locales. Manque de place. Ou plutôt : manque de sous.
C'est à moi.
Hasard ! Dans mon jury, il y a l'homme qui a été décisif à mon embauche, il y a des années.
Il ne se souvient pas de moi.
Normal : il vole dans d'autres sphères.
Allez parler de hauteur à un plan...
Je le sais mon allié -il l'a déjà été, alors j'adresse plus particulièrement mes réponses aux deux autres membres du jury.
J'en viens à évoquer mon séjour récent à la Direction Générale, un gage de confiance.
On reste peut-être provincial comme on reste enfant : je parle de la journée et je cite même JB le taxi, qui connaît tout le monde dans notre entreprise.
Le troisième homme, l'allié, réagit :
- c'est vous qui avez parlé de moi à JB ?!?
- Oui,
ce n'est que moi qui habitais petit à 600 kilomètres de Paris qui ai dit à JB, vieux Charon, tout le bien que je pense de vous.
C'est bien le taxi quand on va à Paris
où tout se joue encore.
Ca va plus vite.
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