Traité dans le dos

Publié le par LChe


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« Il y a deux ans, je n'ai pas voté à l'occasion du référendum sur le projet de Traité Constitutionnel Européen.

J'étais POUR, en ce que le “dépassement“ des Etats nationaux par une Union transnationale me semblait et me semble toujours un progrès historique fondamental.

 

 

J'étais CONTRE, de mémoire, pour six grandes raisons au moins :

- l'ayant lu, et en deux langues, je trouvais le projet de Traité illisible et incompréhensible, donc non signable tel quel,

Néanmoins, pour ce que j'en comprenais :

- je n'admettais pas que l'on donne une force constitutionnelle et intangible à des Traités circonstantiels (ceux constituaient le Titre III),
- je n'approuvais pas qu'une des dispositions du Traité lie la France à l'OTAN plus qu'elle ne l'est aujourd'hui,
- je récusais la constitutionnalisation d'une “philosophie“ économique libérale qui ne tardera pas à être balayée par l'Histoire,
- je n'approuvais pas que la techno-structure bruxelloise, non élue, devienne le centre d'un pouvoir qui n'aura donc rien de démocratique,
- je n'acceptais pas que le Traité une fois signé, soit verrouillé et ne puisse être modifié qu'à l'unanimité des pays signataires.

Donc, coincé entre deux termes opposés, je me suis abstenu.

Depuis, que s'est-il passé ? Rien. Passés les noms d'oiseaux dont se sont gratifiés les uns et les autres, il n'y a eu aucun débat de fond, aucune tentative de rapprochement des points de vue.


A lire la presse française, Nicolas Sarkozy, étant arrivé aux affaires, a été l'inspirateur et l'auteur du projet de mini-Traité, susceptible de remplacer le TCE et de débloquer la machine européenne. Cela ne manque pas de culot : en réalité, il s'est accroché au wagon d'Angela Merkel qui a proposé, au cours de la présidence allemande du semestre dernier, la conclusion de ce mini-Traité,  que Valéry Giscard d'Estaing a qualifié de “changement cosmétique pour le faire avaler plus facilement“.


En d'autres termes, ce Traité n'est ni mini, ni simplifié, ni amendé sur aucun point pouvant faire débat. La France n'a rien obtenu de décisif, pas autant, en tout cas, que les polonais qui ont, semble-t-il, obtenu que le drapeau de l'Union européenne ne soit plus le drapeau de l'Union et que “l'Hymne à la Joie“ n'en soit plus le chant officiel. Belle avancée.

 

Quoiqu'il en soit, samedi prochain, ce mini-Traité sera adopté par le Conseil européen de Lisbonne, dans l'ignorance et l'indifférence générale. 

 

Je me demande si ce qu'il reste d'opposition ne pourrait pas déposer un recours au Conseil Constitutionnel pour invalider cette signature, qui va à l'encontre de l'opinion exprimée, lors du référendum de 2005, par une majorité des français. »

José Ferré
extrait de Carnets de Nuits


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Publié dans Post hérité

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