Eros et Thanatos
Les calendriers ont un étrange destin : dès la rentrée qui précède leur raison d'être -l'année à venir, leur découverte suscite un engouement qui s'essouflera avec le passage au millésime qui les prétexte. Après, on les apprécie, au fil des jours, au gré des mois... mais ce ne sera plus comme avant. Il arrive que l'imagination et l'envie soient plus térébrantes que la réalité et l'assouvissement.
Tandis que nos règles de vie se raidissent, les calendriers poursuivent curieusement leur bonhomme de chemin exploratoire, se diversifient, attirent de nouvelles clientèles, osent et créent.
Sur la lancée des Monty Python, les amateurs se sont emparés de la chose et posent, qui pour financer une association, qui pour s'offrir 15 secondes de célébrité warholienne, qui simplement parce que la technique permet d'offrir son ego aux autres pour un mois voire plus.
L'obsedéL'observateur appréciera l'initiative d'une modeste entreprise italienne, la Cisa, située sur la côte toscane, loin de la fureur des métropoles.
Après le succès de la première édition, voici la version 2006 de son calendrier "Modèles et cercueils" :
Comme l'herbe qui perce le bitume...
La mort et l'anonymat réunis ainsi, n'est-ce pas du désir qui s'extrait de l'affolante actualité du monde ?
Publicité
![Calendrier 2006 : la course fatale d'Eros et Thanatos [ image extraite de La Repubblica ]](https://idata.over-blog.com/0/04/35/38/cercueil.jpg)